Première escadre de Saint-Dizier sur F84F Thunderstreak au 2/1 Morvan.
Bien sûr briefing sur la bête et les circuits d'arrivée. Tous les détails sur le break, finale, atterrissage et familiarisation avec le cockpit. Tout est OK !
Le leader pour ce lâcher est le plus ancien de l'escadron, respecté de tous, très cool mais chaleureux, une référence.
La météo est bonne, rebriefing pour le solo, la piste pour signature des formes et prise en compte de la bête : le EV.
Mise en route, roulage, décollage sans souci. La reconnaissance du secteur à basse altitude et puis le retour pour un premier break, sortie des volets et en courte finale remise de gaz comme prévu.
Passage vent arrière pour la présentation finale pour atterrissage. Dernier virage, mon leader m'annonce les badins optimums que je vérifie et applique au plus près pour l'honorer.
Finale dans l'axe, la pente est bonne, en courte finale le leader me dit : "là on a 165kts". Un coup d'œil à mon badin- Ah – à une épaisseur d'aiguille j'ai 167kts.
Je réduis légèrement au gaz et c'est parti, tout s'enchaîne (je vous rappelle que c'est un F84F, pas un planeur).
La pente s'accroît brutalement, l'overrun est précédé d'une marche en creux conséquente.
Je percute du train droit l'overrun, la jambe de train droit se rompt, le saumon d'aile droit percute la piste !!!
Je suis trois quart dos, l'aile droite ayant pliée.
Sorti de piste, le sol est là en haut à droite.
Plein pied à gauche, plein manche à gauche et miracle la bête veut bien revenir à l'horizontal. C'est quand même encore un peu long à brouter l'herbe avec des paquets de terre qui passe par-dessus le cockpit.
Enfin tout s'arrête, j'ouvre la verrière sans mal (il est solide le 84F) et j'attends, oh pas longtemps ! Dans sa "4L" le commandant d'escadron s'arrête à mon côté et me demande : « Alors en forme ? »...
Je lui fais le débriefing de mes "conneries" sur cette finale et ce crash dans des termes peu contrôlés vu ma position de sergent envers mon chef d'escadron et il repart.
Il parait qu'à son arrivée à l'escadron il aurait dit : « celui-là, on le garde ! ».
Merci à lui pour une longue suite dans l'Armée de l'Air comme chasseur.

Le F84F "EV", vous l'avez peut-être vu, il servait pour l'entraînement des pompiers de l'air sur la Base de Bremgarten.
Patrice Véron