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Non, mon père n'était pas un héros

Non, mon père, Jean-Roger Chevalier, né le 05/02/1922 à Signy le Petit (Ardennes) n’était pas un héros et comme il se plaisait à le dire : « J’ai fait ce que je devais faire ! »
Le 10 mai 1940, il travaille chez ses parents comme "aide familial" et aux fortifications françaises sur la frontière belge. Ils sont mitraillés par des avions allemands et reçoivent l’ordre d’évacuation vers la Vendée à Chaillé-les-Marais.
De retour dans les Ardennes en avril 1941, il participe à la résistance Ardennaise. Appelé le 9 juin 1943 pour travailler en Allemagne (STO), il se réfugie à Baileux (Belgique) où il travaille dans une ferme chez Madame veuve Marion.
En août 1943, il fait partie du groupe de résistance belge comme volontaire des Milices Patriotiques sous les ordres de Monsieur Dropsy, chef local de la résistance belge à Baileux et de son adjoint Monsieur Gobaux, garde des Eaux et Forêts.
Recherché par les Allemands, un père trappiste de l’Abbaye de Scourmant lui fera de faux papiers au nom de Roger Fahler.
Il participe aux différentes opérations de son groupe. Dénoncé par une jeune femme qui fréquente les Allemands, il réussit à s’échapper grâce à Monsieur Trigaux, cultivateur.
Son camarade belge Jean-Louis n’aura pas cette chance : capturé, il sera emmené à Charleroi et fusillé. Mon père sera entendu, par la Sûreté de l’État belge à Chimay, après la guerre, pour témoigner des agissements de la dite jeune femme pendant l’occupation ennemie : elle sera condamnée.
Il se cache quelques jours dans la forêt avec des réfugiés russes qui le battent pour lui prendre sa nourriture. De retour à Signy-le-Petit, il continue à œuvrer dans la résistance.
Il est contacté par l’OCM (Organisation Civile et Militaire) dans la zone occupée, un des grands mouvements de résistance qui constituèrent le Conseil National de la Résistance (CNR) en mai 1943.
Il sera incorporé le 1er mars 1944 dans la centaine EON, sous les ordres du capitaine Abraham alias « Alphonse », fera partie de la trentaine LOUX et utilisé immédiatement comme agent de liaison entre le secteur de Signy-le-Petit et le PC de la Résistance belge du Bruly.
Il participera également au ravitaillement du maquis de la Neuville aux Joutes et du Grand Douaire.
Intégré dans les FFI du 07/08/1944 au 06/09/1944, il est engagé dans les combats de la libération du secteur sur la route de Signy-le-Petit à la Gruerie (frontière belge) et après la libération de Signy-le-Petit le 2 septembre 1944, il fait partie des équipes de nettoyage de la forêt de Signy-le-Petit et des équipes de surveillance des anciens biens de la Wirtschaftoberleitung (W.O.L.) : Direction Générale de l'Agriculture du Troisième Reich chargée du pillage économique, particulièrement agricole, des zones occupées.

Jean-Claude Chevalier

NDLR : Fils, à juste titre particulièrement fier de son père, Jean-Claude nous dit « Non, mon père n’était pas un héros… ». Mais comme l’entendrait un Légionnaire « Il a servi son Pays avec Honneur et Fidélité »

Qui s'y frotte s'y pique

"Qui s'y frotte s'y pique" Insigne du 110ème régiment d’infanterie auquel avait appartenu Jean-Roger Chevalier.


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