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Médaille polémique

La médaille pour les victimes du terrorisme ne fait pas l'unanimité… et pour cause !

Le 13 juillet 2016, veille de l'attentat de Nice, il est annoncé par décret la création d'une médaille pour « manifester l'hommage de la Nation concernant des faits survenus depuis le 1er janvier 2006 pour les Français ou étrangers tués, blessés ou séquestrés lors d'actes terroristes commis sur le territoire national ou à l'étranger contre les intérêts de la République française».

Dès la parution du décret, un grand nombre d'Associations ont fait connaître leur position concernant cette décoration ministérielle.

Pour l’Association Française des Victimes du Terrorisme, cette médaille, «Est importante car les victimes ont besoin de reconnaissance et pas seulement financière».

Par contre, pour l'Union Nationale des Combattants : «La création de la médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme est une bonne idée. Toutefois donner rang à cette médaille, malgré toute sa valeur, juste après l'ordre national du Mérite avant les Croix de guerre, la Valeur militaire constitue pour l'UNC une provocation inutile vis-à-vis du monde combattant».

L’Union française des associations de combattants est sur la même position : «Nous ne sommes pas opposés à cette médaille, mais nous ne pouvons pas accepter que celle-ci soit placée avant les Croix de guerre et celle de la Valeur militaire».

La sénatrice de l'Orne, Nathalie Goulet, Présidente de la Commission d'enquête sur la lutte contre les filières jihadistes, demande «l'abrogation du décret créant la médaille pour les victimes du terrorisme, considérant que cette médaille constitue un signal déplorable donné aux terroristes car elle ancre la victime de terrorisme dans la permanence et la place dans l'ordre protocolaire avant la Médaille de la Résistance ou la Croix de Guerre». Et, s’adresse au ministère de la Défense : «Cette médaille pose un problème au niveau de son rang protocolaire en donnant une priorité aux victimes "passives" par rapport aux femmes et aux hommes qui ont combattu pour la France».

Pour la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs (Fenvac) qui regroupe 72 associations, «Cette médaille n'est ni nécessaire, ni légitime. Une médaille récompense des mérites et non pas une situation de fait. La reconnaissance de la Nation, c'est que les victimes soient pleinement reconnues dans leurs droits et que la justice ait les moyens de travailler».

Si l’AAAG peut entendre les propos de l’Association Française des Victimes du Terrorisme, nous partageons le point de vue de Georges Salines, dont la fille a été tuée au Bataclan, Président de l'Association "13 Novembre : fraternité et solidarité" : «Recevoir une médaille quand on a été victime n'est pas complètement adapté. Une médaille est liée à un acte méritant, nous on a subi». Pour l’AAAG, cette médaille aurait un sens si elle était attribuée aux personnes courageuses qui sauvent des vies ou concourent aux secours lors des attentats. Faudrait-il néanmoins en revoir sa position protocolaire.

Notre Amicale est surtout scandalisée de constater que ceux, qui se sont engagés à défendre la Patrie jusqu’à y laisser leurs vies, voient leurs mérites rétrogradés donc dévalorisés par la position de cette médaille accordée à des victimes qui ont subi passivement un fait – aussi atroce soit-il – et pour lesquels nous avons la plus sincère et la plus infinie compassion.

En fait, nous ressentons une nouvelle fois, l’humiliation faite à nos compagnons Morts pour la France, par des bureaucrates indignes des héros pour lesquels la Nation devrait avoir le plus profond respect. LR



La troupe de théatre et de danse "les Super Anges" du Bénin