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L'Escadron de Chasse 2/8 Nice

Un peu de l'histoire méconnue de deux Escadrons de la "8"

Par André Boisnaud

 

Escadron de Chasse 2/8 NiceDepuis 1963, l'Escadron de Chasse 2/8 Nice basé à Cazaux fait partie des unités prestigieuses de la BA 120 de Cazaux. Mais avant de venir dans le Sud-ouest, cet Escadron s'appelait alors 2/7 Nice. Il a un riche passé : guerre d'Indochine et Afrique Française du Nord (AFN). Basé en Tunisie à Bizerte, il a participé aux opérations de Tunisie et d'Algérie.

Quittant Bizerte en novembre 1961, le 2/7 arrive à Metz, puis se retrouve à Nancy-Ochey où il est transformé sur Mystère IVA. En 1963, il rejoint Cazaux et c'est en 1964, où lors d'un échange d'Escadron entre la 7ème et la 8ème Escadre, qu'il devient l'Escadron 2/8 Nice.

Quatre jours de gloire

Mais revenons en 1940. Ce dont nous allons parler aujourd'hui, ce sont des quatre jours de juin 1940 que l'Escadron 2/7 a passés dans le Jura, sur le petit terrain de Chissey-sur-Loue, près d'Arc et Senans.

L'Escadron 2/7 stationne à Chissey du 13 au 15 juin 1940, mais  ce n'est malheureusement qu'à partir du 13 que les Dewoitine 520, qui sont alors les meilleurs avions de chasse, arrivent à Chissey. Ils ne seront utilisés que trois jours !

12 juin : le 2/7 stationné à Avelanges rejoint Chissey où il est placé sous les ordres du Groupement 22 (Armée de Terre !) pour effectuer des missions de destruction, de bombardement et de défense aérienne.

13 juin : les avions du Groupe de combat se posent à Chissey et à Ounans.

14 juin : les missions sont effectuées sans rencontrer l'ennemi, mais elles rapportent de nombreux renseignements.

15 juin : les allemands franchissent le Rhin en Alsace et, malgré de mauvaises conditions météorologiques, le 2/7 effectue 41 sorties !

9 heures : une patrouille triple part en mission de destruction au profit du 20ème corps. Au retour elle intercepte deux Stuka 123. Le sous-lieutenant Valentin en abat un près de Saint-Avolt. Puis ce sont trois Do 17 qui sont également interceptés. Deux sont touchés et un est abattu au- dessus de la forêt de Werndt.

15 heures 15 : mission de couverture d'un débarquement de troupes du 20ème corps, mais la ligne de "débouché" est déjà tenue par l'ennemi. Au retour, un Do17 est abattu par les pilotes du 2/7. (commandant Mummler, sous-lieutenant Valentin,  sergents  Grimaud Martin et Passemard). Le 2/7 remplit aussi plusieurs missions de reconnaissance pour jalonner l'avance des troupes allemandes. Au cours d'une de ces missions, le commandant Pépin attaqué par deux Messerschmitt, sera abattu près de Langres.

16 heures 30 : les Groupes de Chasse 2/2 et 2/7 reçoivent l'ordre de rejoindre Feurs (à proximité de Saint-Etienne). L'activité du terrain de Chissey cesse à compter de ce jour.

Peu après les décollages, les premiers soldats Allemands arrivent à Chissey. Le site est en zone d'occupation. Aucun des membres de l'Escadron ne sera fait prisonnier ou

victime de l'envahisseur qui commence à s'organiser, logeant dans des baraques Adrian et chez l'habitant.

L'aérodrome sera démantelé, les terres distribuées aux agriculteurs avec des indications très précises pour empêcher tout atterrissage. Il servira cependant de terrain de parachutage pour équiper la Résistance, puis les terres seront rétrocédées après la guerre à leurs anciens propriétaires.

Devoir de mémoire

En 2003, deux habitants de Chissey ont écrit un livre relatant l'histoire du "terrain" : Chissey 1939 –1945.  Histoire méconnue du camp d’aviation.

Le 18 juin 2003, une plaque à la mémoire des aviateurs, passés par Chissey et morts pour la France, a été apposée sur le monument aux morts de la commune reconnaissante.

Au cours de cette cérémonie empreinte de solennité, on notait la présence des autorités parmi lesquelles figuraient le sous-préfet, et l'attaché militaire Tchèque, car des pilotes Polonais et Tchèques avaient été intégrés dans nos Unités.

De très nombreux drapeaux, une délégation de la BA 102 de Dijon, des membres de l'anoraa et de l'ansoraa de Besançon, un Grand Ancien du 2/7 et votre serviteur qui représentait le Groupe de Chasse 3/6, avaient également participé à ce moment très émouvant .

« En 1940, avec un courage inouï et des moyens dérisoires, de jeunes pilotes s'opposent à l'invasion Allemande. Ils sont basés dans un petit village du Jura ».

Extrait de "Chissey 1939 –1945.  Histoire méconnue du camp d’aviation".

 Histoire méconnue de Chissey

Dewoitine 520 du 2/7 Nice

Combats : 116 victoires, 46 pertes, dont 28 victoires et 8 pertes contre les Anglais en Syrie, sous gouvernance de Vichy.

Poids : 2780 kg, plafond, 11000 m, autonomie 1600 km

Moteur : Hispano-Suiza 12y45 (12 cylindres en V de 935 cv).

Vitesse maximale 425 km/h au niveau de la mer et 534 km/hà 5500 m.

Armement : un canon Hispano-Suiza HS 404 de 20 mm tirant à travers le moyeu de l'hélice et alimenté par 60 obus et quatre mitrailleuses Mac 34-M 39 de 7,5mm dans les ailes avec 675 cartouches par arme.

On est toujours nostalgique de l'Histoire que l'on n'a pas parce que quand un Pays ne fait plus l'Histoire et qu'il est interdit de son Histoire, alors, il est suspendu au dessus du vide.

Philippe de Villier


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