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La Légion Étrangère

La raconter en quelques mots c’est sans aucun doute vraiment mission impossible : on peut la résumer difficilement. Certains en parlent, peu la connaissent, mais c’est souvent par on-dit. Elle a été créée le 10 mars 1831 par le roi Louis-Philippe afin de l'employer en Algérie. Elle s'illustre en Crimée, en Italie, au Mexique où elle livre un célèbre combat à l'hacienda de Camerone et y acquiert son renom, puis bien d’autres faits marquants.
Ils sont 36000 étrangers à avoir honoré, par le don de leur vie, le contrat qu’ils avaient signé et avoir épargné autant de vies françaises (60 durant ces 40 dernières années). A citer l’oeuvre poétique de Pascal Bonetti - 1920 (Prix de l'Académie française) concernant l’Arc de triomphe à Paris :

« Qui sait si l'inconnu qui dort sous l'arche immense
Mêlant sa gloire épique aux orgueils du passé
N'est pas cet étranger devenu fils de France
Non par le sang reçu mais par le sang versé. »

Mais qu’est-ce que la Légion Étrangère ?

La Légion Etrangère : cela ne se raconte pas, cela se vit ; c’est une troupe combattante, robuste, moderne, performante, à entraînement constant et avec une grande capacité d’adaptation. C’est une troupe d’élite, à réputation internationale, que beaucoup ne connaissent que les 14 juillet, à travers sa musique, ses prestations prodigieuses, ses concerts et ses troupes défilant au pas lent à Paris. Cinq règles précises lui donnent puissance et efficacité : la volonté de bien servir, la fidélité à la parole donnée, le sens de la discipline et de l’honneur individuel et collectif, le goût et l’amour du travail bien fait, le culte du souvenir.
En août 2018, le général de brigade Denis Mistral commandant actuel de la Légion étrangère soulignait les valeurs "à cultiver plus que jamais : la disponibilité, la fraternité d’armes, l’abnégation, le caractère sacré de la mission, l’esprit de sacrifice". Voilà un beau programme, celui dans lequel j’ai baigné dès ma naissance. La devise de la Légion est "Honneur et Fidélité" donnée par la République, mais elle s’en est donnée aussi une autre "Legio Patria Nostra" (La Légion est notre Patrie… notre famille) qui était à l'origine la devise du 3ème REI.
Le légionnaire, quelle que soit sa spécialité, est un soldat avant tout, mais il est aussi bâtisseur, tailleur de pierres, ouvreur de routes… On l’emploie, le plus souvent, en milieux extrêmes : désert, forêt équatoriale, montagne, milieu aquatique, théâtres d’opérations, troisième dimension, au Sahel, en Afghanistan, Irak, Tchad, Mali, Kourou (protection Ariane et lutte contre les orpailleurs au mercure) …, mais aussi dans le cadre de Vigipirate, l’opération "sentinelle"…
Alors tout à trac, pour ne pas plagier les innombrables documents existants, voici quelques traditions qui sont de vrais us à la Légion :
– Le béret vert pour tous les légionnaires, signe d’appartenance.
– Le képi blanc, pour la troupe, officialisé lors du défilé du 14 juillet 1939 à Paris (mon père y participait). La ceinture bleue, la cravate verte, la grenade à 7 branches.
– Le drapeau bleu, blanc, rouge, le fanion vert et rouge : comme dit la chanson, celui de la Légion !
– Les chants de tradition, "Le Boudin" composé en 1860, la poussière avec la goutte de rouge avant le repas (tradition que toutes les Amicales de Légion observent religieusement). Mon père m’avait raconté que lorsque jeune légionnaire, il avait fait ses classes à Sidi bel Abbès, un moment sacré était le retour
d’exercice en fin de matinée : chaque légionnaire trouvait au pied de son lit, son quart rempli de vin rouge frais. Je conserve pieusement ce quart auquel il tenait beaucoup et qu’il avait gardé toute sa vie. "Eugénie" (la Légion part au Mexique en 1863).
– Le code d’honneur du légionnaire comprend sept articles. Les recrues, nouvellement admises au "képi blanc" après leur premier mois de formation et la marche spéciale "KB", le récitent en français quelle que soit la nationalité d’origine : dès leur engagement, les Légionnaires ont reçu un exemplaire de ce code dans leur langue d’origine. En 16 semaines, les étrangers apprennent 500 mots minimum de langue française.
– Le souvenir du siège de Tuyen Quang
– L’amitié de frère d’armes qui lie la Légion et l’Aviation.
Il y en a encore plein d’autres. Mais aussi, on évoque souvent le général Rollet, "le Père de la Légion", une figure de la guerre 14/18. Il fit éditer en 1931, pour le centenaire, le premier livre d’or de la Légion car la Légion étrangère est toujours un objet de curiosité, d’envie et d’engouement quand elle défile de son pas lent, chapeau chinois en tête, au son du "Boudin".
Evoquer les Unités actuelles de la Légion est un exercice dans lequel je ne m’aventure pas, mais je vous invite à lire et pourquoi pas vous abonner à la revue "Képi blanc" - BP 78 - 13673 Aubagne cedex ou www.kbmagazine.com, vous saurez tout sur les lieux de stationnement, d’intervention et de recrutement dans le monde, y compris "sentinelle" en France (actuellement 140 nations présentes sous les plis du drapeau français). Vous découvrirez pourquoi les couleurs vert et rouge sont celles de la Légion et bien d’autres choses…

Les deux principales fêtes de tradition : Camerone.

Le souvenir de Camerone est évoqué chaque année de façon officielle avec la lecture du récit de ce combat au cours duquel 62 légionnaires se sont battus contre 2 000 mexicains, le 30 avril 1863. Dans l’hacienda de Cameron, malgré des pertes sévères, sans eau, dans l'incendie, pendant douze heures ils ont livré un combat à la fois perdu d’avance et désespéré.
Leur comportement a été exemplaire et dans l’esprit légionnaire car ils ont accompli la mission qui leur avait été fixée : protéger un convoi de ravitaillement. Dans la vie comme au combat, le légionnaire demeure fidèle à la parole donnée et à l’exécution de la mission, coûte que coûte, quel qu’en soit le prix.
Le 30 avril 1954, à Diên Biên Phu, dont les points d’appui tomberont bientôt un à un, la Légion fêtera quand même Camerone, respectant la tradition et comme la Légion est toujours reconnaissante envers ses frères d’armes, "l’ange de Diên Biên Phu" Geneviève de Galard est nommée légionnaire de 1re classe honoraire aux côtés du lieutenant-colonel Bigeard, commandant du 6ème BPC (Bataillon de Parachutistes Coloniaux.)

Noël et la crèche

C’est une véritable fête de famille qui réunit les légionnaires de toutes races, confessions, nationalités,
ainsi que leurs sympathisants. C’est la fête de la fraternité et de la confiance en l’avenir. Partout où se trouve la Légion on prépare la crèche dans le plus grand secret, elle doit être différente chaque année et laisse place à l’innovation.
Celle de l’AALE de Parentis-en-Born, en 2018, voulait faire un clin d’oeil aux manifestations de la Commune du lieu de résidence clôturant ainsi le centenaire de la guerre de 1914/1918, dans un décor
de tranchées, avec un spectacle d’une ½ heure : c’était l’occasion d’inciter les gens présents à un moment de recueillement, de souvenir et d’amitié.

La Section de Parentis en Born

Il existe donc une Amicale des Anciens de la Légion Étrangère de Parentis-en-Born (AALE), Place de la Légion Etrangère 40160 Parentis-en-Born dont Monsieur Laurent Coustaud, ex-caporal de la Légion, est le Président. Il est également membre d’honneur de l’AAAG.
Tél : 06 69 93 98 30. email : laurent.coustaud@gmail.com.
Cette amicale a été créée le 21 novembre 1968 et officialisée le 25 avril 1969 par son Président, l’adjudant-chef Grulovic Dusan, ancien légionnaire. Son but est de maintenir des liens entre les anciens
de la Légion et les sympathisants, communiquer les valeurs légionnaires, informer les jeunes, faire du recrutement, etc. Si vous voulez en savoir plus, prenez contact avec son président ou avec Willy à l’AAAG. En salle d'honneur, véritable musée, vous participerez aux festivités ou cérémonies traditionnelles. L’accueil est sympathique et se fait dans le plus pur esprit "Légion".

Vous êtes cordialement invités à "la crèche de Noël 2019"

Si vous estimez que votre présence peut être bienvenue et un encouragement à ceux qui se dévouent, vous savez qui et où nous contacter : vous serez alors informés.
Grand merci à Patricia et à Jo pour avoir "forcé la bête" : j’ai été un peu long, mais quand on a une passion…».

Notes de la Rédaction :

Grand merci à Willy. Mais, chers Amicalistes, sachez que sur l'air de "Non, rien de rien, je ne regrette rien"…, Willy nous a parlé en aparté des souvenirs encore gardés précieusement dans sa mémoire. Peut être un jour, consentira-t-il à rentrouvrir la porte pour les évoquer ?
À commencer par sa chère épouse Anne-Marie, qui partage sa vie depuis 50 ans. Parachutiste civile, plus de 40 sauts dont quelques-uns en commandé, et qui a fait le même entraînement para que tous ceux qu'il formait à l'époque : Fuscos, EOR, EOT et les élèves des grandes écoles (X, ENA, Supeaéro…) !
Un jour, aussi, nous racontera-t-il son histoire d'amitié avec un élève officier algérien de la zone saharienne et notamment la symbolique d’un régime de dattes, illustrant l’article 7 du code d’honneur du légionnaire : «... au combat, tu agis sans passion et sans haine, tu respectes les ennemis vaincus... » !
Nous évoquera-t-il l'avion sauvé sur la hamada..., la fillette kabyle à peine âgée d’un mois déshydratée et sauvée…, l'anecdote des élections en Algérie et du poulet…, l'accrochage pendant plus de 4 heures de onze "fuscos" contre 60 fellaghas…, le passage du général de Gaulle à Constantine !…?
Patricia et moi avons forcé la bête, dis-tu plus haut, assurément une bête humaine au plus beau sens du terme.
Le 20 décembre 2010, l’A.A.A.G. a reçu un diplôme du général commandant la Légion Etrangère. Ce satisfecit remerciait l’AAAG pour son action menée au profit de la souscription "Grand musée de la Légion Etrangère à Aubagne", car elle avait tenu à apporter sa contribution à la construction de ce nouveau musée.
C'est maintenant le général Henry Clément Bollee qui est le nouveau représentant de la Fédération des Sociétés des Anciens de la Légion Étrangère pour le Grand Sud-ouest.