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Obsèques du colonel Jacques Le Guen

Au cours d’une très belle cérémonie, les obsèques du colonel Jacques Le Guen se sont déroulées le mercredi 24 octobre 2018, en l’église Saint-Vincent de La Teste de Buch. On remarque la présence des autorités civiles et militaires pour rendre hommage à ce grand soldat fondateur de notre Amicale. Les drapeaux et un détachement militaire de la Base Aérienne de Cazaux rendent les honneurs à ce dignitaire, grand officier de la Légion d’honneur.
On retiendra, notamment, l’émouvante entrée du cercueil dans l’église au son des cornemuses bretonnes, rappelant l’attachement de Jacques à sa chère Bretagne, ainsi que la cérémonie religieuse, où le prêtre, Sylvain Arnaud, curé de la Teste de Buch, retraça de façon remarquable la carrière et la personnalité du défunt. Les honneurs militaires furent également rendus au départ de la dépouille du parvis de l’église vers le crématorium. Les cendres rejoignirent ensuite Plouha, village natal du colonel Le Guen.
Parmi les autorités civiles et militaires on notait la présence de Messieurs Jean-Jacques Èroles, Maire de la Teste de Buch et Jean-Claude Vergnères, son 1er Adjoint. Les généraux René Auvin, Eugène Coeuret, Gilbert Gagneux et le général de brigade Thierry Gouaichault, ancien commandant de la Base de Cazaux, qui, venu de Tours, car toujours en activité, nous avait honorés de sa présence. Présent également, le colonel Pierre Wencker, commandant la BA 120 et la Base de Défense, à la tête d’un détachement militaire.
Très émus étaient les colonels Jean Ciappa et Michel Hote, fidèles compagnons de Jacques Le Guen.

Oraison funèbre du Colonel Jacques Le Guen.

Jacques Le Guen est né en 1929 à Plouha, petit port breton des Côtes d'Armor. Engagé volontaire dans l'armée de Terre en 1950 à St Maixent il intègre l'École de l'Air en 1952 "Promotion Colonel Dartois". II devient officier mécanicien.
Jacques a peu d'affinité pour le travail sédentaire en Base. Il lui faut de l'action et de l'aventure. Il les trouve en Algérie au Groupement des Commandos Parachutistes de l'Air qui vient d'être créé par l'Armée de l'Air pour participer aux combats au sol contre la rébellion.
Jacques rentre du Maroc avec une compagnie de volontaires qu'il vient d'instruire et de préparer au combat. Je termine mon stage d'officier Parachutiste à la Base École des Troupes Aéroportées de Pau. Nous sommes en 1956, nos destins convergent en rejoignant les Commandos, il y a 62 ans.
Nous sommes de jeunes officiers, sous-officiers, appelés et engagés avec le désir commun de nous battre pour défendre la patrie menacée sur sa province de l'autre côté de la Méditerranée.
Jacques effectue un parcours remarquable de chef de section, d'adjoint au chef de commando et tout naturellement, en 1959, il prend la tête du commando 50.
En 1961, l'idée d'indépendance de l'Algérie fait souffler un vent de révolte dans les régiments parachutistes. À leurs yeux, c'est renier, en dépit des efforts et des sacrifices, le prix du sang, de la sueur et des larmes.
Jacques ressent cette violence sans jamais la partager. Il est et reste un officier loyaliste. La dissidence est stoppée, mais les parachutistes le payent très cher.
En avril, le Groupement des Commandos Parachutistes de l'Air est dissout. C'est le retour en métropole. Adieu Algérie de notre jeunesse… Jacques est affecté à Essey-lès-Nancy, pour assumer le poste d'officier de liaison des Forces Aériennes Parachutistes de la 11ème Division Para. Il succède à un glorieux et grand
aîné qui, plus tard, sera notre patron quand nous serons à Nîmes, le général de corps aérien Roland Glavany...
Nommé lieutenant-colonel, il prend en 1972, le commandement de l'Escadron de Formation des Fusiliers Commandos et d'intervention de l'Armée de l'Air, succédant au colonel Gérard.
L'année suivante au cours d'un réunion de l'Amicale des Anciens Commandos Parachutistes de l'Air, Jacques me propose le poste de commandant en second. Je n'hésite pas, heureux de servir encore la spécialité sous les ordres d'un ami, ancien des commandos d'Algérie. Je pense qu'à nous deux, nous avons fait du bon travail et fait progresser la spécialité.
En 1975, il quitte son commandement pour celui de chef des Moyens Généraux de la Base Stratégique 120 de Cazaux, puis d'Apt. En 1980, il prend le commandement de la Base Aérienne de Bordeaux-Faucher où il termine son service actif, comme colonel. Il continue l'aventure dans la réserve opérationnelle de la Région Aérienne Atlantique jusqu'à la limite d'âge de son grade.

Le colonel Jacques Le Guen est titulaire des décorations suivantes :
-Grand officier de la Légion d'honneur,
-Commandeur de l'Ordre National du Mérite,
-Croix de la Valeur Militaire avec 5 citations,
-Médaille de l'Aéronautique,
-Croix du Combattant.
Blessé de guerre, il totalise 1028 heures de vol, 110 missions de guerre et 130 sauts en parachute.

Pendant sa retraite à la Teste de Buch, il épouse Anne en seconde noce. Elle enchante sa fin de vie et le soigne avec dévouement quand la maladie l'atteint.
Je garde en moi les images heureuses : les journées de pêche à bord du "Broumitch" son bateau et les parties de pétanque avec la bande d'amis fidèles de la cabane du résinier, en forêt domaniale de la Teste de Buch.
En mon nom personnel et en celui des membres de l'Amicale des Anciens Commandos Parachutistes de l'Air, je présente à Anne, son épouse et à Yann, son fils, et à toute la famille Le Guen, mes condoléances attristées et mon affectueuse pensée.

Adieu, Jacques, avec tes amis qui ont tenu à t'accompagner et ceux qui n'ont pu venir, nous ne t'oublions pas, car un vieux soldat ne meurt pas, il s'efface doucement…

Association des membres de la Légion d’Honneur
Décorés au Péril de Leur Vie Aquitaine
Le Président d’Honneur
Lieutenant-colonel (H) Jean Ciappa.

Jacques Le Guen


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