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Femmes de Militaires

Elles ne réclament pas de médailles et pourtant...

« Je ne porte pas d'uniforme. Pas de béret, pas de fusil. Je fais partie de l’Armée sans que l’on m’y voit. Je n’ai pas de grade sur mes épaules. Je ne salue pas. Je ne reçois pas d’ordre. Mais l’univers militaire est tout autour de moi : c’est là où je vis. Je n’ai pas d’entraînement. Je n’ai pas de mission. Je ne tire pas au fusil. Je ne joue pas ma vie en première ligne. Je suis femme de militaire et mon travail est dur, aussi ».

La femme de militaire reste en arrière pour gérer la famille et garder la maison pendant que son homme fait son travail partout où on l’envoie. Dans la douleur de chaque départ, elle en comprend la nécessité et en reste fière. Toujours au boulot, elle ne prend jamais de perm. Son homme fait des sacrifices, elle et ses enfants aussi. Elle se lève tous les jours à 6 heures pour préparer les vêtements et les petits déjeuners des enfants.

Lorsqu’elle est enceinte, elle se demande si son homme sera rentré à temps pour voir naître son enfant. Lorsqu’elle habite une nouvelle ville, elle n’a pas toujours le temps de reconstituer son environnement de vie, (écoles, médecins, commerçants, nouveaux amis…) qu’elle doit faire face à un nouveau et douloureux départ. Là, elle garde malgré tout le sourire qui rassure son homme, mais a l'impression de mourir intérieurement. Expliquer à un enfant qui pleure, que son papa ne reviendra pas avant de longs mois, est aussi son lot.

C'est aussi la queue à la Poste, un colis dans ses bras, se demandant si les gâteaux seront encore moelleux à l'arrivée...

Elle se sent quelquefois comme la cinquième roue du carrosse lorsqu’elle va boire un verre pour "passer un moment" avec des amies et leurs maris. Elle annule ses projets du samedi soir pour rester auprès du téléphone, même si elle sait que la communication sera pleine de grésillements et… toujours trop courte. Même avec une webcam on reste très éloignés l'un de l'autre. À l'issue elle rejoint son lit trop froid. Elle dîne seule, il y a toujours trop longtemps qu'elle n'a pas eu de nouvelles de là-bas et elle se laisse, quelquefois, aller à la détresse, se demandant si elle reverra son homme vivant. Elle se fait son cinéma, le voyant descendre du bus en retour d'OPEX.

Femmes de miltaires

Seules, mais fortes, un chèque ne paie pas, quoiqu'en pensent beaucoup de compagnes "civiles", ne console pas de l'oreiller trop grand pour elles...

« Nos hommes sont courageux, et même si nous sentons tous les jours que quelque chose nous manque, nous le sommes aussi. Alors la prochaine fois qu'une copine vous dira qu'elle n'aurait pas épousé un militaire, ne perdez pas votre temps à lui expliquer qu'on ne contrôle pas de qui on tombe amoureux et rappelezvous que, des deux, vous êtes la plus forte .

J’aime l’homme que j’ai épousé. J'ai aussi épousé son métier. J’ai signé pour la vie pour le job de femme de militaire. Je reste dans le rang discrète mais toujours présente ».

Article composé d’après un diaporama transmis par Michel Mathieu, Président de l'ARM 70 (non signé par son auteure, mais c’est du vécu ! Merci à cette inconnue). (Georges Billa) 


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La troupe de théatre et de danse "les Super Anges" du Bénin