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En hommage aux Poilus

Cette année, le dimanche 26 février, nous avons commémoré le 101ème anniversaire de la Bataille de Verdun  : "La bataille des batailles"

La bataille de 1916 a fait plus de 700.000 victimes : 306.000 tués et disparus (dont 163.000 Français et 143.000 Allemands), environ 406.000 blessés (dont 216.000 Français et 190.000 Allemands). 30 millions d'obus allemands et 23 millions d'obus français de tous calibres sont tombés sur quelques dizaines de kilomètres carrés. Chaque jour du côté français, une moyenne de 100.000 projectiles labouraient le champ de bataille ; les jours d'attaque, ce chiffre était doublé. Lors de l'offensive du 24 octobre 1916, l'artillerie française a tiré 240.000 projectiles. On évalue que 6 obus sont tombés au m2 sur ce champ de bataille.
Aussi, nous réservons un petit carré de notre journal pour rendre hommage à nos grands parents, héros de cette terrible confrontation, qui, pour sauver notre Nation, sont tombés, blessés, gazés, traumatisés à vie...

Saint-Pinard Patron des Poilus

« Nous serons rentrés pour les vendanges !» s'exclament les mobilisés français au début du mois d'août 1914. Personne ne pouvait alors le deviner, mais aucun d'entre eux ne sera de retour à l’automne ; beaucoup d'ailleurs, ne feront plus jamais les vendanges… Pourtant, non seulement ils ne manqueront jamais de vin pendant la guerre mais qui plus est, le breuvage deviendra sous le nom de Père Pinard un compagnon des tranchées glorifié, mystifié, mieux : le patron des Poilus !
Il ne faut pas croire que le vin aux armées, est alors une habitude courante. Il ne fait pas partie de l'ordinaire du soldat. « L'eau est la boisson habituelle » précise d'ailleurs le règlement intérieur des Armées. Encore faut-il en avoir. Pendant la guerre, elle manquera parfois tant que les Poilus devront se raser avec du vin car ce dernier, en revanche coule à flot !...
En effet depuis 1904, 1905, profitant d'une météo très favorable, les récoltes sont extraordinairement abondantes dans toute l'Europe. Conséquence : le vin, surtout celui du Languedoc se vend de plus en plus mal. La guerre va donc tomber à pic pour résorber les excédents. Pour améliorer leur ordinaire, l'intendance va ajouter 1/4 de litre de vin rouge à la ration. Jugée insuffisante la quantité sera doublée en janvier 1916 avant de passer à 3/4 de litre début 1918.
Il est vrai que le vin remplit plusieurs fonctions. La première est à la fois Patriotique et Guerrière. Le Maréchal Joffre parlait du Général Pinard « pour soutenir le moral » de ses troupes. Effectivement, c'est grâce au réconfort et à l'ivresse que le vin procure, que de nombreux soldats iront à la bataille et à la mort
sans trop hésiter. De là naquirent bon nombre de chansons : Rosalie, la Madelon, Vive le Pinard… Deuxième fonction : "récupéré" par les politiques et les poètes, dans un pays où l'esprit cocardier sert d'union sacrée, le vin devient le symbole qui distingue la civilisation française de la barbarie germanique !
Le poète Guillaume Apollinaire, en bon artilleur connaissait sans doute le code des "coups à boire" : un 75, c'était un canon, un 105, c'était une chopine, un 121 court, c'était un litre de vin pur, un 120 long, c'était un litre de vin mouillé.
Enfin, après la victoire, si «La Madelon» (paroles de Lucien Boyer, musique de Charles Borel-Clerc) verse à boire «c'est pour fêter la victoire, Joffre, Foch et Clemenceau !»
L'idée de plusieurs hommes politiques et éditorialistes de citer le Pinard à l'ordre de la Nation pour sa contribution à la victoire ne sera cependant pas retenue. Reste que pour tous, le Père Pinard a bel et bien vaincu l'ennemi.

Evocations poètiques

« ...Il serait bon d’apprendre ou de réapprendre dans nos écoles certains poèmes si beaux parce qu’ils rendent hommage à toutes les victimes de guerre. Rappelez-vous » : (1)
Ceux qui pieusement sont morts pour la Patrie
On droit qu’à leur cercueil la foule vienne et prie.
Entre les plus beaux noms, leur nom est le plus beau.
Toute gloire près d'eux passe et tombe éphémère ;
Et, comme ferait une mère,
La voix d'un peuple entier les berce en leur tombeau !...

Victor Hugo

Je vous salue ma France, arrachée aux fantômes !
Ô rendue à la paix ! Vaisseau sauvé des eaux…
Pays qui chante : Orléans, Beaugency, Vendôme !
Cloches, cloches, sonnez l’angélus des oiseaux !

Louis Aragon

C’est un trou de verdure où chante une rivière,
accrochant follement aux herbes des haillons d’argent,
où le soleil de la montagne fière luit.
C'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
la nuque baignant dans le frais cresson bleu dort.
Il est étendu dans l'herbe sous la nue,
pâle dans son lit vert où Ia lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, iI dort.
Souriant comme sourirait un enfant malade,
il fait un somme.
Nature, berce-le chaudement, il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine.
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine, tranquille.
Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur Rimbaud

(1) Extrait d’un article de Colette Serres de l'ARM 70. ("Solidarité Militaire" 2014). Elle concluait : «... des milliers de braves, hommes et femmes, ont fait le sacrifice de leur vie pour que la France demeure le Pays de la Liberté, ne l'oublions pas, ne les oublions jamais ».

 

 


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