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Débarquement en Provence

C'est une armée composée aux deux tiers de Français qui débarque le 15 août 1944 sur les côtes de Provence.

Henri BaugéHenri Baugé a fait les campagnes de Lybie de Tunisie et d'Italie. Il débarque le 17 août au sein du 4ème Bataillon de Marche pour détruire les chars Allemands. Il ignore que dans un Piper Cup, au-dessus de lui, Pierre Simonet survole le front pour renseigner l'Etat-major allié sur les positions de l'ennemi. Grâce à lui, les soldats au sol avancent vers La Croix-Valmer, puis Hyères. Derrière eux, le médecin Guy Charmot, «son calme souriant sous le feu », répond aux appels des blessés avec ses infirmiers Tchadiens. Ce débarquement renforce les fronts de l’Ouest et de l’Est tenu par l’Armée Rouge.

Toulon, Marseille, puis remonter la vallée du Rhône sont les objectifs du général de Lattre de Tassigny pour « assurer sa jonction dans l’est de la France avec les forces venues de l’ouest, menacer les arrières de l’ennemi, l’amener à disperser ses réserves et le contraindre soit à évacuer sans combat le centre et l’ouest, soit à s’y laisser enliser sans espoir ».

La victoire de Bir Hakeim a renforcé le crédit des Français auprès du gouvernement américain et de Gaulle a su imposer leur présence dans les opérations militaires de premier plan.

Pierre Simonet a été, à 20 ans, le plus jeune survivant de Bir Hakeim. «Quand on est jeune, on pense que l’on ne peut pas mourir » dit-il. Guy Charmot, né en 1914, a été de tous les combats, depuis le ralliement du Cameroun jusqu’à la prise de Naples.

La VIIème Armée du général Américain Alexander Patch s’appuie donc largement sur celle de De Lattre. Dans la nuit du 14 au 15 août, 10 000 parachutistes de la 17ème Division Aéroportée sont largués sur Le Muy et Draguignan. Peu avant, des Commandos Américains prennent les îles du Levant et de Port Cros. Un autre commando coupe la route de Cannes pour empêcher tout renfort Allemand. Des commandos Français, dont la devise est « Sans pitié » prennent le cap Nègre. Ils ouvrent la voie à trois divisions Américaines qui sécurisent quatre plages pour le débarquement du 15 août prévu à 8 heures du matin.

La Corse libérée depuis octobre1943, sert de porte-avions géant à cette bataille d’envergure. Parmi les leurres trompant l’ennemi citons 300 mannequins bourrés de pétards, parachutés sur La Ciotat, des bandelettes d’étain larguées depuis cinq Dakota figurant une invasion aérienne sur les écrans radar.

La population accueille les combattants en libérateurs. Des jeunes s’engagent. Les Résistants veulent prendre leur place dans le combat. C’est de Lattre qui intègre les Forces de l’Intérieur qui ignorent tout de la discipline militaire.

Hyères est prise. 137 Allemands, retranchés au Golf-Hôtel, se rendent aux troupes de De Lattre. La libération de Toulon est prévue pour le 30 août. C’est le 20 que les affrontements débuteront  ! La bataille sera rude. La prise des forts, que les Allemands font occuper par des civils pour s’abriter, ne va pas sans poser de problèmes. Après un assaut meurtrier, on dénombre 70 morts dans le 4ème Bataillon de Marche. La route de Marseille est ouverte. Guy Charmot est là. Il soigne, panse, désinfecte. Il sera lui-même blessé à la tête à proximité de sa ville natale.

À Marseille le Comité de Libération proclame la grève générale institutionnelle. Les allemands font sauter les quais du bassin nord. Les partisans sont mal armés et sans ordre de bataille.

Le général de Monsabert prend Aubagne pour encercler Marseille par le nord. Le général Allemand Schaefer capitule.

Le Général de LarminatDe Monsabert rétablit la police et la gendarmerie à Marseille.

Alors que les tirs se font entendre des villages environnants, une clameur monte de la ville toute entière lorsque le drapeau Français hisse nos trois couleurs au sommet de la Bonne Mère, Notre Dame de la Garde.

Le 24 au soir, alors que Paris s’est soulevé, l’Armée du général de Lattre atteint les rives du Rhône et de la Durance. Lyon est libéré le 3 septembre ! Bientôt de Lattre rejoindra ceux de l’ouest. La route de Berlin via Strasbourg est ouverte aux alliés.

La participation Française conséquente dans le conflit permettra à de Gaulle de faire valoir les droits de la Nation Française dans les négociations d’après conflit.

«Obéissez et vous serez fiers de servir » Henri Baugé se souvient des mots de cette lettre de son père en date du 2 septembre 1939. Les fils Baugé n’ont pas démérité. Pierre Simonet aura totalisé 137 missions de guerre. Son frère Jean combattit au sein de la 2ème DB. Guy Charmot ne saura jamais combien d’hommes, Français et Allemands, il a sauvés.

(voir le livre "20 ans en 1940" d’Henri Baugé aux éditions Cerf 2012).


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