Imprimer cette page

Le mot du Président

"Silence dans les rangs !"

Nos forces Armées, du fait de leur format excluant toute influence idéologique, sont l’ultime rempart pour notre République. Elles sont chargées d’assurer la première mission régalienne de l’Etat, la défense de la nation et de ses intérêts dans le monde. Cette mission implique des moyens en hommes et en matériel. Les hommes doivent se former et évoluer en permanence, les matériels doivent être mis en conformité. Le maintien en l’état de nos forces, estimé il y a 30 ans à 3% du PIB, est à ce jour inférieur à 1,5%. Il est le seul budget à subir une telle déflation au profit d’autres dépenses sans cesse croissantes.
Ces déflations de crédits entraînent des diminutions de capacités opérationnelles : l’armée de terre a perdu les deux tiers de ses effectifs, l’armée de l’air plus de la moitié de ses avions de combat et la marine ne dispose que d’un porte-avions à disponibilité plus que réduite. Ces dégradations atteignent un niveau critique mettant en danger la vie des soldats engagés en opérations.
Nos gouvernants ont toujours trouvé dans l’esprit militaire : « Silence dans les rangs !» toute facilité pour faire gober : « le budget de la défense doit participer à l’effort actuel » !
Hier et aujourd'hui, ils n'ont jamais hésité à engager nos forces dans différents conflits pour défendre des intérêts dont les résultats, pour certains, peuvent certes prêter à polémique. Ce monde complexe et dangereux, où les dépenses militaires augmentent constamment, devrait inciter la Nation à réagir aux inacceptables ponctions des crédits de Défense car nos armées engagées dans de nombreuses opérations, de plus en plus dures et de plus en plus longues, sont obligées, dans le même temps, de se réformer pour absorber les contraintes budgétaires qui leur sont imposées : efforts sans équivalent !
Or le moral de nos soldats "ignorés" par la Nation, s’il fait encore "front" en opération, est plus fragile dans la vie quotidienne. Il en ressort donc que les efforts consentis ne peuvent se concevoir que dans la perspective du retour à un niveau acceptable des conditions de travail car le laminage de l’outil militaire peut conduire à :

  • a disparition à terme des capacités opérationnelles d'une grande Nation,
  • la perte de confiance du personnel à l’égard de ses chefs.

Il est donc nécessaire que les responsables politiques ouvrent les yeux et assument leurs responsabilités, car le risque de voir se développer des mouvements de contestation chez ces hommes et femmes, soumis au quotidien à d’énormes difficultés et sacrifices, n'est pas à exclure !
C’est avec l’ensemble du Comité d’Administration de l’AAAG que je vous souhaite pour 2015, et avant tout, une bonne santé pour vous et pour tous ceux qui vous sont chers.

Jacques Bize

 Télécharger le Bulletin n°88


Page précédente : AAAG Jeux
Page suivante : Il y a 60 ans : Indochine et Toussaint rouge


La troupe de théatre et de danse "les Super Anges" du Bénin