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Avant l'avion... le cerf-Volant !

L'origine du cerf-volant remonte aux temps les plus reculés. On en a retrouvé la trace sur une peinture rupestre en Indonésie datée d'environ 40000 ans !
Il semble qu'il ait été importé en Europe au XVe siècle, via la Chine, par les routes de la soie et des épices.
L'étymologie du mot vient de "serp volante" : "serp" étant le nom féminin en langue d'Oc pour désigner un serpent. L'ancien que je suis, entend encore mon père : « Ay vis (prononcer bis) una serp à matïn » (J’ai vu un serpent ce matin). François de Belforest vers 1550 décrit bien là « cette queue fort longue ondulant au vent » qui nous renvoie au serpent volant. Le nom serp ayant disparu de la langue française, il a alors été transcrit phonétiquement et de façon erronée en "cerf-volant".

Quelques dates marquantes :
1752 : Benjamin Franklin lance un cerf-volant en plein orage et invente ainsi le paratonnerre.
1825 : George Pockok, instituteur anglais imagine un chariot tiré par un cerf-volant. Il franchit ainsi 200km avec des pointes à 50 km/h, sans payer les péages réservés aux animaux de trait.
1863 et 1865 : le cerf-volant est utilisé pendant la guerre de Sécession pour envoi de tracts au delà des lignes ennemies.
1887 : Arthur Batut de Castres (81) réalise la première photo aérienne depuis un cerf-volant.
1894 : Baden Baden Powell (frère du fondateur du scoutisme), s'élève dans l'air attaché sous un train de cerfs-volants de sa conception, le "Lévitor" . Il fait un bond de cinq mètres !
1901 : Guglielmo Marconi établit la première liaison radio entre Terre-Neuve et l'Angleterre grâce à une antenne de 122 mètres maintenue en l'air par le "Lévitor" de Baden Baden Powell.

Diverses utilisations du cerf-volant :
Le cerf-volant est utilisé pour relier la terre au bateau échoué, ou pour y faire parvenir des objets de première urgence. Le Prince Albert de Monaco s'en équipera en 1919 pour ses recherches scientifiques.
Lawrence Hargrave met au point un cerf-volant à caissons avec lequel il réussit à s'élever du sol. Franklin Cowdery dit "Cody" s'en inspire et rajoute des ailes et des ailerons. C'est ainsi qu'il va traverser la Manche de Calais à Douvres dans une barque tirée par son cerf-volant.
Le War Office lui achète son brevet pour réaliser des observations aériennes au dessus des bateaux. Les Russes réalisent aussi des expériences similaires.
En France, les capitaines Madiot et Dolfus (spécialistes du ballon libre "Saconney") travaillent sur la photographie aérienne par cerfs-volants.

Le cerf-volant Saconney et son utilisation militaire :
Le capitaine Saconney améliore le cerf-volant de "Cody" en raidissant l'appareil par haubanage.
En 1910 Saconney réalise le premier envol officiel. Le matériel employé se compose d'un train de 10 ch et d'un treuil à double tambour avec 1000 m de câble sur chacun d'eux.
Ces cerfs-volants pèsent 10 à 11 kg, mesurent 4,20 m d'envergure, 3 m de haut et 1 m de profondeur pour une surface portante de 10,66 m2. Leur toile en soie fera place ensuite au calicot.
Seize hommes sont nécessaires pour déplacer le treuil et huit sont requis pendant 4 heures pour rembobiner le câble.
Le capitaine Saconney, son épouse et les plus grands personnages de France s'élèveront, tour à tour entre 25 et 60 mètres !
Je vous fais grâce de toutes les données techniques du système. Sachez qu'elles sont complexes et très "pointues" en ce qui concerne notamment les conditions météo.
Le 16 novembre 1912, il est demandé au capitaine Saconney de créer le laboratoire d'aérologie et de téléphotographie de Chalais- Meudon. L'avion pointe ses ailes. Il lui faut 1h30 pour monter en spirale à 2000 m !
Saconney, sera en mesure de donner la météo en 30 minutes et ce jusqu'à 3000 m et le service de cartographie par photographie aérienne va fonctionner jusqu'à la mobilisation d'août 1914.
Le 14 avril 1914, le sapeur photographe Félix Peaucoup s'élève à 650 m et bat le record d'altitude national par cerf-volant. Hélas pour lui, il n'égale pas le record mondial détenu depuis 1906 par le lieutenant Brook-Smith avec 1000 mètres.
En août 1914 Saconney déploie son matériel à Rehaincourt. Douze cerfs-volants et un ballon de 540 m3 sont mis en œuvre. Les artilleurs, aveugles jusque là, apprécient car les Allemands avec le ballon de Perceval (son constructeur), en forme de saucisse, règlent facilement leurs tirs par ce moyen.
Mi-septembre, le ciel de Lorraine verra 16 ballons Français rivaliser avec les Allemands.
À partir de là le système, constamment en évolution, équipera jusqu'à 13 compagnies d'aérostiers. Aucun accident d'aérostier ne sera à déplorer. La transmission des observations aériennes, d'abord effectuée par messages largués de la nacelle sera bientôt remplacée par des liaisons radio. D'un point d'ascension situé à 7 km du front, on monte l'aérostier à 350 m où il peut observer par temps clair jusqu'à 30 km.
En juillet 1916, le capitaine Caquot met au point un ballon à lobes arrières permettant l'observation jusqu'à 110 km/h de vent. On pouvait rester dans la nacelle pendant 13 heures et monter jusqu'à 2000 m.

Vous connaissez la suite : avions, drones, satellites… l'observation moderne se décline maintenant au centimètre !

Extraits d'un article de Dominique Cotard paru sur "La Charte juin 2016", organe de la Fédération Nationale André Maginot. Avec la bienveillance de la Rédaction.

 Georges Billa

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