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1940-1945 L'Armée Française. "La reconquète" (suite et fin)

Certaines actions et décisions, prises par le général de Gaulle au cours de sa vie, peuvent être critiquées, mais force est de constater qu'en la circonstance, il conduira notre pays à être présent au combat avec des forces en qualité et en nombre suffisants pour lui permettre de retrouver dans l'indépendance, son rang international. Mais "nous aurons eu chaud" !
La "reconquête" sera longue. Au total cette guerre coûtera, à l'empire français, la vie de 217600 militaires et 350000 civils.

Combats en Afrique

Libye 1940. Les Italiens défaits à Tobrouk reçoivent les renforts du général Rommel qui passe à l’offensive le 26 mai 1942. La 8ème Armée Britannique recule, mais la 1ère Brigade de La France Libre perce les lignes allemandes et rejoint les Britanniques.
Le général Rommel venu diriger les opérations contre la 1ère B.F.L., déclare : « Nulle part en Afrique, je n'ai rencontré une opposition aussi vive ». Sur les 3600 hommes de la garnison française, 130 sont tués, 325 sont blessés et 814 sont portés disparus. Bir-Hakeim suscitera l'admiration des Alliés et ainsi que l'affirme M. Windrow « demeurera comme le symbole du renouveau de la gloire militaire française ».
Rommel poursuit un second objectif : reprendre Tobrouk. Il y parvient le 21 juin 1942. Mais l'Afrika-Korps est stoppé à El Alamein, par le général Montgomery qui, avec la 8ème Armée et les 1ère et 2ème BFL intégrées, passe à l'offensive le 23 octobre 1942. L'Afrika-Korps est battu le 1er novembre 1942. 40 000
hommes tombent entre les mains des Alliés.
Dès lors les forces germano-italiennes se replient vers la Cyrénaïque, puis la Tunisie, poursuivies par les troupes britanniques, bientôt rejointes par de nouvelles troupes françaises venues du Tchad et commandées par le colonel Leclerc de Hauteclocque.

Le Tchad

Aux confins du Tchad et de la Libye, colonie italienne, les Forces de la France Libre ouvrent un front proprement français sous le commandement du colonel Leclerc de Hauteclocque .
Dans une vaste région et avec de faibles moyens, il s'élance en janvier 1941 vers les oasis de Koufra qu'il prend, à 1000 kilomètres de ses bases, en mars 1941. Encouragés par cette victoire, Leclerc et ses hommes prononcent alors le serment de ne pas déposer les armes avant que le drapeau français ne flotte sur Metz et Strasbourg : c'est le "serment de Koufra". Plus tard, traversant la Libye, les hommes de Leclerc rejoindront, comme il est dit plus haut, la 8ème Armée Britannique.

L'Erythrée

Au début de 1941, les Britanniques décident de prendre l'offensive en Erythrée et en Ethiopie, territoires tenus par les Italiens. Le Général anglais Wavell accueille une Brigade Française Libre, dans l'étendue et le relief tourmenté de ces contrées.
Février 1941. Les britanniques venus du Soudan sont arrêtées devant Keren par les Italiens. Le 27 mars, Keren est pris. Le colonel Monclar et sa brigade française participent brillamment.
Le dispositif italien s'effondre. Asmara, tombe le 1er avril, Massaoua, port de la Mer Rouge, le 7 avril. Les Français contribuent à ces opérations, prennent Montecullo et le Fort Umberto. Entrent à Massaoua, où ils reçoivent la reddition du commandant de la marine ennemie en Mer Rouge. La brigade du colonel
Monclar aura fait 14000 prisonniers.

Une escadrille française en URSS

Parmi les Alliés occidentaux, les Français libres seront les seuls à constituer une unité qui combattra en U.R.S.S. Ce sera le Groupe "Normandie-Niémen". Equipés de "Yak" soviétiques, cette formation participera à 5000 missions et abattra 268 avions allemands ; cinq de ses pilotes recevront la plus haute distinction de l'U.R.S.S., en étant faits "héros de l'Union Soviétique".

1942 : année trouble où tout peut basculer.

Jusque là, les Français Libres ont participé sans discontinuer, aux combats sur terre, sur mer et dans les airs. Toutefois, le poids des forces françaises n'augmentera sensiblement qu'au moment où les unités de l'Armée d'Afrique entreront, après bien des péripéties, dans la bataille, à la fin de l'année 1942.
Le 8 novembre 1942, les troupes anglo-américaines débarquent au Maroc et en Algérie. L'Armée Française d'Afrique fidèle à Vichy ouvre le feu sur les assaillants. Après 3 jours de combats, l'amiral Darlan et l'Armée Française d'Afrique se joindront aux Forces Françaises Libres. Cette Armée regroupée va constituer, avec la Résistance métropolitaine, l'un des éléments essentiels qui feront réapparaître la France à son rang d'avant la défaite.
Au plan politique, les Américains ne manifestent qu'un médiocre intérêt pour l'Armée d'Afrique Libre. S'ils acceptent de la doter de matériel moderne, c'est seulement pour obtenir l'appui des autorités françaises d'Afrique du Nord, base de départ indispensable à la conquête de l'Italie.
Mais, l'Armée française sur les divers champs de bataille, conduiront les Anglo-américains à réviser leur jugement. Pour preuve, Les hommages souvent rendus aux troupes françaises par des généraux alliés prestigieux.
Ainsi, le général britannique Anderson ne « pourra jamais chanter assez les louanges des Français pour avoir tenu ferme la grande dorsale au début de la campagne... les Français brûlaient de se battre, leur courage et leur enthousiasme étaient magnifiques. Si on leur avait confié des armes et des équipements convenables, ils auraient rendu des services bien plus appréciables encore... ». Le général américain Marschall « dîtes-leur qu'ils ont fait revivre l'armée française que je connaissais, celle de la Marne et de Verdun ». Le Maréchal allemand, Kesselring « Mon plus grand souci était de connaître la position du Corps expéditionnaire français, sa composition et son implantation. Je donnais donc ordre à la 10ème Armée et à tous les État-majors qui en dépendaient, d'avoir à communiquer d'urgence tout renseignement à ce sujet... la décision finale devrait en découler ».
À partir de la campagne de Tunisie la France va disposer pour la première fois, depuis 1940, de Troupes en nombre suffisant, pour occuper une place appréciable au sein du dispositif angloaméricain.
En démontrant leur valeur au combat, qui parfois, changera le cours de la bataille, les Forces Françaises vont faire la preuve que désormais, la France est à nouveau susceptible de jouer son rôle dans le concert des grandes nations. Le 24 mai 1944, Winston Churchill en prendra acte, en déclarant à la Chambre des Communes, « Il n'est pas douteux que les efforts et les réalisations du Comité Français de Libération Nationale font de lui une entité politique contribuant de toutes ses forces à la lutte contre l'ennemi commun, et plaçant la France au rang de la quatrième puissance alliée ... »
C'est donc bien le "poids des armes" qui, selon l'expression de Jean Lacouture, dans son livre : "De Gaulle", a permis à notre pays de "parler plus haut" atténuant l'effet désastreux causé, à l'international, par la défaite de 1940.
Au moment où l'armée française s'apprête à participer à la libération du Territoire, elle comprend 300000 Algériens, Marocains, Tunisiens, Sénégalais... et plus de 200000 Européens.
Après le débarquement en France, cette armée, devenue 1ère Armée, absorbera de nombreux éléments de la Résistance et démobilisera une partie des troupes africaines, peu accoutumées aux
climats rigoureux de l'est de la France.
La volonté de constituer d'importantes unités, alors que de très nombreux Français sont encore détenus en Allemagne, montre bien l'ampleur de l'effort consenti par la France et son empire, au cours de la deuxième phase.
Ainsi, l'intégration de 137000 résistants va consolider l'unité nationale et accroître les effectifs de nos forces qui reçoivent par ailleurs, des engagements individuels.
Au 1er mai 1945, avec l'appel de certains contingents, nos forces compteront 1,3 million d’hommes,

GB