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1940-1945 L'Armée Française (suite)

Certaines actions et décisions prises par le général de Gaulle au cours de sa vie peuvent être critiquées,  mais force est de constater, qu'en la circonstance, il conduira notre pays à être présent au combat avec des forces en qualité et en nombre suffisants pour lui permettre de retrouver dans l'indépendance, son rang international.
Mais "nous aurons eu chaud" ! (LR)

Après l'armistice, "la reconquête" (suite).

1940. Les conditions de l'armistice de juin 1940 autorisent la conservation en zone Sud non occupée par les Allemands, d'une petite armée de 100 000 hommes destinée au maintien de l'ordre. Le service militaire obligatoire y est supprimé. Mais, à l'insu des Allemands, voire de Vichy, son existence va permettre à des chefs patriotes de préparer l'encadrement d'une future armée libératrice.
1942. Hélas ! tous les plans échafaudés se trouveront annihilés par la brutale invasion de la zone sud par les Allemands en novembre. Toutefois, le général Jean de Lattre de Tassigny, commandant la 16ème Division Militaire, décidera de passer outre aux ordres reçus et fera exécuter, à certains des éléments placés sous son autorité, divers mouvements visant à résister à l'invasion. Il quitte Montpellier pour tenter de combattre le dos aux Pyrénées. Arrêté à Saint-Pons-de-Thomières, le 13 novembre, incarcéré à Toulouse, détenu à Lyon puis à Riom, il s'évade dans la nuit du 2 au 3 septembre, rejoint Londres et Alger. Plus tard, il prendra le commandement de la 1ère Armée française.
Le général Weygand est depuis 1940, dans les colonies françaises d'Afrique. L'armée réorganisée dans ces territoires atteint maintenant 197 000 hommes.
De nombreux militaires vont entrer dans la résistance ou rejoindre l'Armée d'Afrique, pour reprendre le combat au côté des Alliés en Tunisie, en Italie, puis en France et en Allemagne. Le débarquement anglo-américain, au Maroc et en Algérie, va être l'élément majeur qui permettra à l'Armée française d'Afrique de combattre, tout en ayant, préalablement, déclenché des évolutions politiques essentielles.
Ainsi, l'Amiral Darlan, depuis Alger, rompt avec le gouvernement du Maréchal Pétain, opte en faveur des Alliés et prend la tête de l'Afrique du Nord et de l'Afrique Occidentale Française. Il ne pourra cependant rallier la flotte française qui se sabordera à Toulon. Toutefois, sa trop grande implication dans la politique de Vichy lui sera fatale et il sera assassiné.
Le Général Giraud, évadé d'Allemagne, lui succède. Il jouera un rôle essentiel dans des négociations avec les Américains qui, par les accords d'Anfa, dotent l'Armée d'Afrique d'armes modernes.
1943. Création, à Alger, du Comité Français de Libération Nationale. Co-présidé par les généraux de Gaulle et Giraud, le C.F.L.N. fusionne l'Armée d'Afrique et les Forces Françaises Libres. Il sera plus tard, présidé par le seul général de Gaulle.
Le 4 août, il n'existe plus qu'une seule Armée française. Recrutant, indigènes, Français de l'empire colonial ou Français venus de Métropole par l'Espagne, puis, après les débarquements, résistants, engagés volontaires, appelés de certains contingents, cette armée augmente ses effectifs dans d'importantes proportions.
Grâce à cette puissance déployée, la France sera présente à la victoire et les Alliés seront obligés d'accepter le retour de notre pays à la "table des grandes puissances".

De Gaulle et Churchill  à Marrakech.

La flamme de la Résistance

Au lendemain de l'appel historique du 18 juin 1940, beaucoup ne voient dans le général de Gaulle que l’aspect militaire de ses actions. Mais la France libre doit aussi se donner une assise territoriale, une structure, une diplomatie et une armée pour ne pas être absente dans la victoire finale au rang des Grandes Puissances alliées.
Le 28 juin 1940, l'Angleterre avait reconnu le général de Gaulle, comme le "Chef des Français libres". Mais, en juillet 1940, à Mers-el-Kébir, la flotte britannique coula une Escadre française fidèle à Vichy alors qu'elle était à l'ancre. On dénombra 1300 morts. Ce drame compliqua momentanément les rapports de la France Libre et du Gouvernement britannique.

Les ralliements

Le 27 octobre 1940, de Gaulle instituait le Conseil de Défense de l'Empire. En ce qui concerne le recrutement d'une nouvelle armée française, l'opération s'avère à l'origine extrêmement difficile. Néanmoins, les Forces françaises libres (F.F.L.) naissent avec le ralliement de 1300 hommes appartenant au corps expéditionnaire français de Norvège que l'armistice a surpris en Grande-Bretagne.
Débuts modestes des Forces françaises libres, malgré tout présentes sur tous les lieux d'affrontement. De 1940 à 1942, au cours des batailles d'Angleterre ou de Crète, de celles d'Afrique ou d'Asie Mineure, elles remportent souvent de réels succès.
Au fur et à mesure des ralliements des divers territoires de l'empire colonial, les F.F.L. deviendront plus importantes, jusqu'à compter 56 000 hommes au 31 juillet 1943.
Les premiers territoires à se rallier sont les Nouvelles-Hébrides, le 20 juillet 1940. En août 1940, l'Afrique Equatoriale Française : le Tchad, le Cameroun, le Congo-Brazzaville, l'Oubangui-Chari. Ainsi la France libre présentera un territoire suffisamment vaste pour servir de base à son effort de guerre et affirmer sa légitimité aux yeux du monde. Le Gabon suivra le mouvement en novembre 1940
Ralliement de l'Afrique Occidentale Française en novembre 1942, après le débarquement allié en Afrique du Nord. La Polynésie accueille les Français libres depuis septembre 1940, les cinq comptoirs des Indes et la Nouvelle-Calédonie feront de même le 24 octobre 1940. Puis viendra le tour de la Syrie et du Liban, après des combats fratricides en été 1941. Saint-Pierre et Miquelon en décembre 1941, de la Réunion et des Somalies puis de Madagascar. La Guyane et les Antilles en 1942 et 1943. L'Indochine occupée par les Japonais aura longtemps une situation particulière.
Le 24 septembre 1941, le Comité National Français est constitué. Il est reconnu par les Britanniques et les gouvernements alliés "comme représentant de tous les Français libres, où qu'ils soient, ralliés pour servir la cause alliée".

Combats fratricides

Au Gabon, en mai 1941, les troupes du général Tétu, fidèles au gouvernement de Vichy, sont battues par les Forces Françaises Libres du général Koenig.
En Syrie et au Liban, territoires sous mandat Français, le 8 juin 1941, les troupes du général Dentz, fidèles à Vichy, capituleront le 8 juillet 1941 contre les forces Britanniques, Australiennes et Françaises Libres.

Suite et fin au prochain journal.


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